PROGRAMME DE SALLE

DE LA FRANCE À L'ESPAGNE

DIMANCHE 21 NOVEMBRE 2021 · 16H00

· SALLE WAGRAM ·

 

Gabriel Fauré

Pelléas et Mélisande
(Prélude, Fileuse, Sicilienne, Mort de Mélisande)

 

Alain Kremski-Petitgirard

Le Grand Yacht Despair
(Texte de Loys Masson)
Nicolas Rivenq baryton
Guillaume Dussau basse & narrateur
 
 
 

******** Entracte ********

  

Georges Bizet

Carmen
Suites d'orchestre n°1 & 2  

 

Orchestre Colonne
Laurent Petitgirard direction 

 

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Georges Bizet

       L’œuvre qui conclut notre programme - les Suites d'orchestre issues de l'opéra Carmen - est la plus ancienne des trois proposées cet après-midi. Elle est aussi la plus célèbre. Dès 1876, Tchaïkovsky écrivait à sa chère mécène Nadejda von Meck : "Carmen est un chef-d’œuvre à tous les sens du mot (...). Je suis persuadé que dans 10 ans Carmen sera l'opéra le plus populaire du monde entier". Bel esprit prophétique !... mais surtout belle preuve de clairvoyance et de lucidité. Il est vrai qu'en 1876, grâce à une reprise effectuée par l'Opéra de Vienne (en allemand, avec les dialogues parlés remplacés par des récitatifs chantés, composés par Ernest Guiraud pour l'occasion), Carmen avait déjà vu sa réputation quitter peu à peu son encombrant parfum de scandale. Mais un an plus tôt, le 3 mars 1875 exactement, soir de la création de l’œuvre, Carmen avait connu un accueil particulièrement glacial (accueil d'abord bienveillant à la fin du 1er acte, puis de plus en plus réprobateur au fur et à mesure que les actes se succédaient). Ce n'est que progressivement que l'ouvrage gagna ses galons de chef-d’œuvre (d'où une légitime admiration devant la lucidité prophétique de Tchaïkovsky !).

On a beaucoup glosé sur la "surdité" des critiques de l'époque comme sur les réactions "bourgeoisement offusquées" du public, mais... prenons garde à ne pas mépriser ou sous-estimer nos lointains aînés : ils n'étaient pas forcément les obscurs bornés que nous pourrions (hâtivement) imaginer, et leurs réactions hostiles peuvent trouver quelques explications. Tout d'abord, l'écriture de Bizet - sans être foncièrement novatrice - développe malgré tout une complexité que la troupe de l'Opéra-Comique (Salle Favart) était alors peu habituée à affronter : formule élégante pour dire que l'exécution musicale (hormis Célestine Galli-Marié dans le rôle titre et Paul Lhérie dans celui de Don José) n'était peut-être pas du niveau que nos oreilles connaissent aujourd'hui. Si un chef de l'envergure d'un Claudio Abbado, d'un Karajan ou d'un Thomas Beecham avait été à l’œuvre en ce 3 mars 1875, peut-être que l'accueil n'aurait pas été tout à fait le même...

Il y a aussi une autre explication que l'on pourrait, sans être provocateur, qualifier de "tromperie sur la marchandise", ou résumer par le terme de malentendu. La partition de Carmen, originellement, alterne passages chantés et dialogues parlés (selon l'habitude, courante à l'époque, de ce genre si particulier qu'était "l'opéra comique"). Or, dans le vocable "opéra comique", il y a le mot "comique"... Et, de fait, l'opéra comique se différenciait de l'opéra sérieux par le caractère léger des sujets abordés, engendrant par conséquence une musique axée sur le divertissement et l'optimisme. Or, dans Carmen, un simple soldat déserte l'armée (pas drôle), une cigarière se tire les cartes pour y entrevoir sa mort prochaine (pas drôle), un toréador se bat en duel avec le soldat déserteur (pas drôle non plus), et la cigarière finit par être assassinée sur scène et sous les yeux d'un public venu pour se divertir (encore moins drôle). Ainsi, quelque soient les qualités de l'ouvrage présenté, le public n'a pas trouvé ce qu'il était venu chercher : l'offre, aussi sublime soit-elle, ne correspondait pas à la demande... d'où un sentiment de déception, lequel - logiquement - s'accentua au fur et à mesure de la soirée puisque chaque nouvel acte s'avérait plus dramatique que le précédent. En réalité, Carmen a sonné le glas de l'opéra comique... laissant un public orphelin de divertissements, et ouvrant par conséquent la voie à un genre nouveau (réellement léger celui-là) : celui de l'opérette.

Une fois le succès de l'ouvrage assuré, on tira de cet opéra 2 Suites d'orchestre (à la différence de l'Arlésienne, aucune de ces 2 Suites n'est de la main de Bizet - déjà mort depuis longtemps) : la 1ère, judicieusement, s'attache à juxtaposer les passages purement orchestraux de la partition (l'ouverture, puis les 3 interludes qui - chacun d'entre eux - ouvrent les actes successifs). Quant à la 2ème Suite, elle reprend les passages chantés les plus célèbres pour les adapter à une écriture exclusivement instrumentale.

De ces 2 Suites, on trouvera chez Georges Prêtre (à la tête de l'Orchestre Symphonique de Bamberg - RCA) ou chez Seiji Ozawa (EMI) des interprétations à la fois vives et colorées. Dutoit (chez DECCA) constitue une alternative qui a ses qualités.

Pour la seule 1ère Suite (la plus authentique, malgré tout), Karajan et Abbado (tous deux chez DG) vous seront de précieux guides, dans la puissance et l'éclat comme dans l'envoûtement de leur geste raffiné. 

 

       Dix-huit ans plus tard (c'est peu, simplement 18 ans !), l'atmosphère artistique et musicale parisienne avait déjà beaucoup changé. En une seule et unique représentation (le 17 mai 1893), la pièce Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck a su conquérir quelques beaux esprits (dont celui de Claude Debussy). En 1895, la compagnie d'Aurélien Lugné-Poe, qui avait assuré la création parisienne, s'embarque pour Londres afin d'offrir à Pelléas les honneurs du public anglais (dans la version originale en français !). Assistant au spectacle, l'actrice anglaise Beatrice Stella Tanner (connue sous le pseudonyme de "Mrs Patrick Campbell") succombe à son tour au charme évanescent - et parfois étouffant - de ce texte à forte dimension légendaire et symboliste. Décidée à jouer cette pièce, Mrs Campbell commande une traduction anglaise, imaginant également une musique de scène qui viendrait renforcer l'étrangeté, la douce cruauté du texte de Maeterlinck. L'idée était bonne, mais... à quel compositeur s'adresser ? Comme un choix naturel, Mrs Campbell désirait une plume française ; et puisque l'on savait Claude Debussy en train de travailler à une transposition lyrique et scénique de la pièce, Mrs Campbell s'adressa donc à lui : celui-ci refusa, ne voulant pas composer une autre partition en parallèle de son opéra encore en gestation, ni donner une manière "d'avant-première" en reprenant des passages déjà écrits pour son œuvre lyrique. C'est alors que le nom de Fauré (déjà bien connu en Angleterre) s'imposa. Enthousiasmé par le projet, et sans doute flatté par cette proposition, Gabriel Fauré accepta avec joie !... sans immédiatement mesurer la surcharge de travail que ceci imposait. Et Fauré est un homme très occupé : cumulant les emplois d'organiste titulaire à l'église de la Madeleine et de professeur de composition au Conservatoire de Paris, il avait en outre la charge d'inspecter l'ensemble des conservatoires de province sur tout le territoire. Enfin, il venait de recevoir une commande assez urgente, celle d'écrire 2 pièces pour le concours de flûte du Conservatoire qui devait se tenir au mois de juillet 1898. Tout ceci ne laissait que peu de place pour répondre à la demande de Mrs Campbell... Fauré trouva tout de même le temps d'écrire la musique (en à peine 1 mois) mais dut renoncer à l'orchestrer, confiant cette tâche à son élève Charles Koechlin (dont il surveillait - de loin - l'avancée des travaux).

La création à Londres (au Prince of Wales Theatre) du Pelléas en anglais de Maeterlink, le 21 juin 1898, fut un immense succès : on loua la prestation magistrale de Mrs Campbell (sur laquelle Maeterlink lui-même ne tarissait pas d'éloges) et la musique de Fauré.

De retour à Paris, Fauré songea à isoler quelques passages de sa musique de scène pour les assembler en une Suite symphonique comprenant 4 numéros : Prélude, Fileuse, Sicilienne, et Mort de Mélisande. Pour l'occasion, il remania l'orchestration de son élève Koechlin en ajoutant quelques instruments (2 clarinettes au lieu d'une seule, 2 bassons au lieu d'un seul, passant de 2 cors à 4), et amplifiant significativement le tissu polyphonique. Seule la douce Sicilienne conserve l'orchestration originale de Koechlin.

Laurent Petitgirard, qui dirige aujourd'hui, a gravé à la tête de l'Orchestre Symphonique Français (orchestre qu'il avait créé) tout un disque consacré à Fauré, comprenant Dolly, Masques et Bergamasques, Shylock, et Pelléas et Mélisande : disque devenu introuvable aujourd'hui, mais que l'on peut encore trouver chez certains disquaires d'occasion (précipitez-vous chez Melomania, boulevard Saint-Germain : c'est une mine d'or) ou sur certains sites internet. A coté de ce beau disque, le témoignage de Seiji Ozawa à Boston (DG) constitue lui aussi une version à posséder.

La version de Michel Plasson est également et absolument admirable : autant son Requiem, abusivement lent, me paraît hors propos, autant la musique d'orchestre (gravée pour EMI en 2 CD) se hisse au sublime d'une subtilité jamais mièvre, cultivant un son à la fois charnu et transparent. Les tempos choisis, enfin, offrent une avancée du discours qui allie l'onctuosité à la vitalité d'une écriture toujours élégante.

            Encadrée par de telles figures, l’œuvre de Alain Petitgirard (devenu plus tard Alain Kremski-Petitgirard, puis simplement Alain Kremski) trouve une place naturelle... comme il est naturel, et particulièrement fascinant, que ce soit son frère qui - en cet après-midi - redonne à ce Grand Yacht Despair tout le relief auquel la partition nous invite.

Pour présenter cette œuvre, il faut laisser la plume à Laurent Petitgirard :

"Le mercredi 7 novembre 1962, lors de la séance solennelle de l’Académie des beaux-arts sous la Coupole de l’Institut de France, était interprétée la cantate d’Alain Petitgirard « Le Grand Yacht Despair » d’après un poème de Loys Masson, ainsi que les Scènes Alsaciennes de Massenet (pour célébrer le 50ème anniversaire de sa mort) et deux Nocturnes de Debussy (pour le centième anniversaire de sa naissance), Robert Blot dirigeait l’Orchestre Pasdeloup.

Mon grand frère Alain Petitgirard, qui prendra plus tard le nom de Kremski, recevait à 22 ans le Premier Grand Prix de Rome.

Musicien exceptionnel, il avait déjà failli le remporter en 1961, Henri Dutilleux l’avait chaleureusement soutenu lors de ces deux éditions.

J’avais douze ans et me prétendant déjà avec inconscience « compositeur », j’avais dit à notre chère mère, en pointant le doigt vers mon frère « plus tard je serai là »... Effectivement 38 années plus tard j’y étais, mais mon doigt avait mal visé, c’était du côté des académiciens, le Prix de Rome quant à lui n’avait pas survécu à Mai 68...

Pour écrire cette cantate sur un poème imposé, les 6 compositeurs finalistes étaient mis en loge 5 semaines au Château de Fontainebleau, dans une chambre avec un piano, un lit, une table et du papier à musique, c’était donc extrêmement tendu pour une œuvre d’une durée d’environ 20 minutes.

Alain a commencé sa partition par un magnifique solo de flûte, que l’on retrouvera plusieurs fois dans la cantate. En ouvrant la copie du manuscrit récupérée par les Editions Billaudot, que je remercie chaleureusement, dès la première mesure tout le solo m’est revenu, tant il est inspiré et original.

Mon grand frère était un être merveilleux, il a eu un parcours de compositeur hors normes et a suivi des chemins artistiques originaux qui correspondaient à son itinéraire spirituel.

Alain Kremski a disparu en décembre 2018 et je remercie mes chers amis de l’Orchestre Colonne de me donner ainsi l’occasion de faire entendre à nouveau cette cantate, 59 ans après son unique audition publique, en compagnie des excellents chanteurs Nicolas Rivenq et Guillaume Dussau."

Laurent Petitgirard

Alain Kremski (Petitgirard)

Jean-Noël FERREL

 

Biographie

Guillaume Dussau©Fabrice Suzan

Guillaume DUSSAU

Basse

Guillaume Dussau après ses études de Philosophie (Maîtrise d’Esthétique sur Don Giovanni), débute ses études de Chant au Conservatoire National de Région de Musique de Toulouse dans la classe de Victor Demaiffe et à l'Académie Internationale de Chant de Toulouse présidée par José Van Dam. Il se perfectionne auprès Gabriella Ravazzi, Grace Bumbry et le maestro Maurizio Arena.

Invité au Capitole de Toulouse mais aussi au Grand Théâtre de Nice, il a chanté en récital auprès de José Van Dam sous la direction de Patrick Peyre ou accompagné en mélodie par Marcej Pikulski. Il a ensuite entamé sa carrière dans les théâtres de Marseille et de Toulon dans la Flûte Enchantée de Mozart.

 
 
 
Nicolas Rivenq©Christian Dresse

Nicolas RIVENQ

Baryton

Diplômé de l'École Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Nicolas Rivenq débute sa formation vocale au Conservatoire National d'Orléans avec Jacqueline Bonnardo. Membre des Arts Florissants et de La Chapelle Royale, il étudie pendant deux ans à l’École d’Art Lyrique de l’Opéra national de Paris auprès de Michel Senechal, puis pendant trois ans à l’Université d’Indiana auprès de Nicola-Lemeny.

Il fait ses débuts aux Festivals d'Edimbourg et de Gstaad sous la direction de Yehudi Menuhin.

De retour en France, il commence à collaborer avec William Christie, participe à des productions d'opéras : « Hatis » de JB Luli à l'Opéra Comique de Paris, « Gallant Indies » de JF Rameau à Aix-en-Provence, « Boreads » de J. F Rameau à l'Opéra National de Paris.

De retour en France, il entame une longue collaboration avec W.Christie avec Atys à l'Opéra Comique de Paris, Les Indes Galantes à Aix-en Provence, Les Boréades à l'Opéra National de Paris ou en tournée dans le monde entier. Il collabore également avec J.C.Malgoire et P.L.Pizzi, et participe à plus de 20 de leurs productions (Rinaldo, Hippolyte et Aricie, Le Comte Ory, Les Danaïdes, Trilogie Mozart-Da Ponte, Platee, Les Paladins, 3 opéras de Monteverdi, etc.).

G.Strehler le choisit pour sa dernière production d'opéra (Cosi Fan Tutte) pour l'ouverture du Teatro d'Europa à Milan. Il est invité à donner des concerts pour la réouverture de La Fenice sous la direction de R.Muti et pour l'ouverture de la Cité de la Musique à Paris sous la direction de P.Boulez et W.Christie.

Au théâtre Bolchoï, il a interprété les rôles d'Eisenstein (Die Fledermaus, 2011) et de Faninal (Der Rosenkavalier, 2013).

Avec un large répertoire allant de la musique baroque à la musique moderne, Nicolas Rivenq se produit dans le monde entier sous la direction de nombreux chefs d'orchestre comme Z.Mehta, S.Ozawa, R. Jacobs, I.Fischer, M.Plasson, A.Pappano, E.Pido, M.Benini, G.Carella, M.Guidarini, D.Renzetti, R.Palumbo, A.Gerecz, J.E.Gardiner, K.Montgomery, J.Marin, D.Gatti, C.Scimone, etc.

Nicolas Rivenq a participé à plus de 50 enregistrements sur CD ou DVD.

Il a reçu le Premier Prix du Concours G.B.Viotti à Vercelli en 1990.

 
 
 
Laurent Petitgirard©Didier Plowy

Laurent PETITGIRARD

Chef d'orchestre

Né en 1950, Laurent Petitgirard a étudié le piano avec Serge Petitgirard et la composition avec Alain Kremski.

Musicien éclectique, sa carrière de compo- siteur de musique symphonique, d’opéras et de musique de chambre double d’une impor- tante activité de chef d’orchestre..

Directeur musical de l’Orchestre Sympho- nique Français de 1989 à 1996, il a été élu en 2005 Directeur Musical par les musiciens de l’Orchestre Colonne, fonction qu’il a assuré jusqu’en 2018. Laurent Petitgirard a également composé de nombreuses musiques de films pour des metteurs en scène tels Otto Premin- ger, Jacques Demy, Francis Girod, Peter Kasso- vitz, Pierre Schœndœrffer, Jean-Claude Brialy, Pierre Granier Deferre...

Laurent Petitgirard a une importante activité de chef invité ((Orchestre de l’Opéra de Paris, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Orchestre National de France, Orchestre National de Lyon, de Bordeaux, de Strasbourg, de Lille, Bamberger Sinfo- niker, Berliner Symphoniker, Orchestres de la TonHalle, de la Fenice, de la BBC, Utah Symphonic Orchestra, Seoul Philharmonic, KBS and Korean Symphony Orchestras, Orchestre de la Suisse Romande, Orchestre National d’Espagne, Moscow State Or- chestra, Orchestre Nationalde Chine.....).

Il a enregistré une trentaine de disques, dont «Jeanne d’Arc au Bûcher» d’Hone- gger, «Gaspard de la Nuit» (Ravel-Constant) dont il a dirigé la création ou encore «Daphnis et Chloé», de Maurice Ravel.
De janvier 2013 à juin 2015, Laurent Petitgirard a dirigé le premier cycle de mu- sique à l’image du Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Depuis 2013 il est le directeur artistique des soirées classiques de Ramatuelle.

Laurent Petitgirard a reçu le Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2000 et le Prix Musique 2001 de la SACD.
Il a été élu le 1er février 2017 Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts où il siège depuis 2000 et a présidé à de nombreuses reprises le conseil d’adminis- tration de la Sacem

Il est marié avec la comédienne Sonia Petrovna et a un fils, Tristan Petitgirard, auteur, metteur en scène et comédien.

Laurent Petitgirard est Officier de la Légion d’Honneur, Officier dans l’Ordre Natio- nal du Mérite et Commandeur des Arts et Lettres.