・HISTORIQUE・Un des plus anciens orchestres de France

L’Orchestre Colonne est une véritable institution en France. Créé en 1873, comptant parmi les plus anciens orchestres français, il occupe une place centrale dans la vie musicale parisienne et française. Il mène une politique artistique dynamique, reconnue et appréciée qui fait de lui un acteur incontournable dans le paysage musical national.


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UN ORCHESTRE ASSOCIATIF

L’Orchestre Colonne bénéficie d’un statut original parmi les orchestres français : orchestre symphonique historique, ce n’est pourtant pas un orchestre de salariés permanents. Il est en effet organisé en association et en Société de Coopération de Production (SCOP), et rassemble près de quatre-vingt musiciens recrutés sur concours. Tous sont issus de structures ou formations musicales réputées, professeurs ou jeunes prix de conservatoires, mûs par leur passion pour la musique et la pratique orchestrale.




Ainsi, l’Orchestre Colonne conjugue depuis son origine une recherche de la perfection et la passion communicative de la musique, et traverse les années grâce à un dynamisme toujours renouvelé et un esprit d’équipe sans faille - les secrets de sa longévité. Depuis plus de 140 ans en effet, l’Orchestre entretient une véritable histoire d’amour avec son public, aussi fidèle et enthousiaste qu’au premier jour. Un immense capital de sympathie qui érige cette structure musicale historique au rang d’institution active dans le paysage musical français.
 

UNE HISTOIRE PRESTIGIEUSE

 

L’Orchestre Colonne doit son nom à son illustre fondateur, le violoniste et chef d’orchestre Édouard Colonne, né en 1838 à Bordeaux. Alors violoniste à l’Opéra, ayant pris part, entre autres, à la première représentation de Tannhaüser, il est remarqué par l’éditeur de musique Georges Hartman.

 Au printemps 1873, celui-ci l’engage alors à la tête du Concert National qu’il vient de fonder au Théâtre de l’Odéon en réaction à la programmation de la Société des concerts du Conservatoire. Tous deux partagent alors un même objectif : faire connaître à un large public les jeunes compositeurs français, comme le dénote cette appellation de « Concert National ». Cette première tentative échoue financièrement, mais c’est une déconvenue qui n’arrête pas le tout jeune chef Édouard Colonne dont les débuts ont été reconnus éclatants. Il crée alors son propre orchestre : l’Association artistique des Concerts Colonne. Celle-ci s’installe au Théâtre du Châtelet dès novembre 1873 - le nom d’Édouard Colonne sera d’ailleurs donné plus tard à une des rues longeant le théâtre.

 Les Concerts Colonne se consacrent dès lors à défendre avec passion la musique contemporaine de l’époque, mettant en avant les jeunes compositeurs d’alors tels que Saint-Saëns, Massenet, Fauré, d’Indy, Charpentier, Debussy, Dukas, Ravel, mais aussi Wagner et Richard Strauss. L’Orchestre invite également les grands solistes de l’époque (Sarasate, Pugno, Ysaye...), et c’est l’une des premières formations à faire appel à des chefs étrangers, tels que Mottl ou Von Weingartner. Mais ce sont surtout les plus grands compositeurs, Mahler, Tchaïkovski, Debussy, Grieg, R.Strauss ou Prokofiev qui viennent y diriger leurs propres œuvres. C’est dans le cadre de l’exposition universelle de 1900 à Paris que sera donnée pour la première fois en France la neuvième symphonie « du Nouveau Monde » de Dvorak par l’Orchestre Colonne sous la direction d’Oskar Nedbal.

 

 




En 1910, Gabriel Pierné, ami de Debussy, succède à Édouard Colonne à la tête de l’orchestre. Pierre Monteux, qui occupe la place d’alto solo de l’orchestre Colonne de 1893 à 1912, sera incité et soutenu par Edouard Colonne lui-même dans sa carrière de chef d’orchestre, celui-ci lui confiant la baguette lors de répétitions d’orchestre. Rien d’étonnant donc à ce que, quand Pierre Monteux est finalement appelé à diriger la création du Sacre du Printemps le 29 mai 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, l’orchestre des Ballets Russes soit alors en fait composé principalement, pour l’occasion par des musiciens de l’Orchestre Colonne.
Pendant la première guerre mondiale, les orchestres voient une grande partie de leurs musiciens partis au front : c’est pourquoi les deux orchestres Colonne et Lamoureux décident alors d’unir leurs forces afin d’être en mesure de continuer à donner des concerts. L’assocation des concerts Colonne - Lamoureux voit donc le jour, de 1914 à 1918.
Ce seront ensuite Paul Paray (1932), Charles Munch (1956) et Pierre Dervaux (1958) qui deviendront présidents-chefs d’orchestre ; par la suite, le compositeur Marcel Landowski et le chef Armin Jordan présideront aux destinées de l’Association mais cette fois sans en assurer la direction musicale.
En 1939, l’association des concerts Colonne-Lamoureux ré-apparaît pendant un an. L’orchestre Colonne devra même renoncer à son nom, Edouard Colonne étant d’origine juive. En 1940 l’orchestre est donc renommé « Concerts Pierné », et sera défendu avec courage par Gaston Poulet. Mais dès la Libération en 1944, l’orchestre reprend son nom historique de Concerts Colonne.
Laurent Petitgirard, compositeur, chef d'orchestre, président de la SACEM à de nombreuses reprises et secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts, a assuré la direction musicale de l'Orchestre, élu par les musiciens en 2005. Il assurera cette fonction jusqu'en 2018.
L’Orchestre Colonne a su continuer son activité de concerts, tout en se diversifiant et en poursuivant sa mission de découverte auprès du public.

Pendant une vingtaine d’années, l’orchestre a participé à la saison de ballets de l’Opéra National de Paris (Casse-Noisette, le Lac des Cygnes, ballet du Bolshoï, ballet du Danemark, ballet national de Chine...). Il est ainsi visible dans le documentaire de Cédric Klapish (2010) : Aurélie Dupont, l’espace d’un instant.

L’orchestre prête également son concours à de nombreuses autres manifestations culturelles prestigieuses : opéras à l’Opéra Comique et à Bercy (Aïda, Turandot, Nabucco), spectacles au Théâtre de l’Odéon (Kurt Weil et Zarzuela), spectacles à Bercy (Cadre Noir de Saumur), Festival international de la danse au Théâtre des Champs Elysées. Il reste également invité dans divers festivals (La Rochelle, Reims, Saint-Malo...).

Il lui est également arrivé d’accompagner des spectacles de musiques populaires : notamment Charles Aznavour, Nana Mouskouri, Massiv Attack à Bercy ou la tournée du spectacle « Gospel Symphonique » initié par l’Orchestre Colonne et Clyde Wright du Golden Gate Quartet, et sponsorisée par SFR et Calberson.

L’Orchestre a été présent à la télévision, en participant à Dimanche Martin, ou plus récemment encore à plusieurs reprises dans l’émission Vivement Dimanche de Michel Drucker pour accompagner les musiciens invités.

L’Orchestre se rend également disponible pour la réalisation régulière de prestations privées pour des grands groupes, mécènes ou partenaires. Il a ainsi inventé le concept de Cœur Orchestre  : le public, cadres ou clients d’entreprises, est réparti entre les musiciens de l’orchestre pour être immergé directement dans la musique.

L’Orchestre a pu par ailleurs participer en mars 2014 au gala donné en l’honneur des présidents chinois et français à l’Opéra Royal du Château de Versailles. Il a en outre l’honneur de participer chaque année à la séance solennelle du palmarès des prix et concours de l’Académie des Beaux-arts.

L’Orchestre Colonne a également contribué à des tournages de films et enregistre régulièrement des BO de films ou de téléfilms. Soulignons la présence remarquée de l’orchestre dans le film de Danièle Thomson, nominé aux Césars et aux Oscars 2007, Fauteuil d’Orchestre.

L’histoire de l’orchestre s’est enrichie en enregistrements discographiques qui reflètent l’importance de l’Orchestre Colonne dans la vie musicale française :

   ∙ Des 78 tours, édités chez Pathé ou chez Odéon, œuvres dirigées par Gabriel Pierné, Édouard Colonne ou Paul Paray ; à noter chez Grammophone - la voix de son Maître, Yehudi Menhuin au violon et Georges Enesco à la direction dans Légende de Wienawsky (1938) ;

  ∙ Une large sélection de CD (dont une partie originellement sortie en vynile), pour beaucoup dirigés par Pierre Dervaux (La Mer, Fêtes, Iberia, Daphnis et Chloé, Requiem de Fauré, Symphonie «du nouveau monde»...). Parmi ceux-ci, un enregistrement de 1952 d’Enesco dirigeant ses propres œuvres, ou encore de Yehudi Menhuin dans le concerto de Mendelssohn (chez RCA).